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LE SILENCE CRÉATIF

23/09/2018

La conduite DE réunion est un thème souvent abordé par les spécialistes du management. Lorsqu’il m’a été demandé ( il y a 20ans ) par l’association des BOUTIQUES DE GESTION ( création d’entreprise ) d’intervenir sur ce thème, j’ai refusé considérant que je n’avais rien d’innovant à proposer dans ce domaine, par contre je proposais la CONDUITE EN RÉUNION.
Quel était le besoin ? Apporter à nos porteurs de projet une méthode pour vendre leur entreprise et la pérenniser. Un groupe de chargés de mission, leur directrice et moi-même, en qualité de président, étions confrontés au problème suivant : comment allions-nous travailler ensemble et être innovants sur ce thème ?

Nous étions 8 … six hommes et deux femmes (loin de la parité souvent créative), d’âges et cultures très différentes. Chacun de nous avait ou pas d’idée sur ce sujet essentiel. Nous avons travaillé individuellement sur l’arborescence de la pensée ( Tony Buzan ) chacun étant parti du thème  » Pérennité de la création », a laissé sa pensée suivre ses mots … à l’écoute de son cerveau. Tel mot évoque pour moi tel autre mot et ce mot à mot nous a conduits chacun en « terrain inconnu », celui de la créativité. Il fallait trouver une méthode pour vendre l’entreprise sans être devenu un commercial. Chacun de nous a partagé son arbre de pensée, chacun a poussé l’autre au-delà de ses mots pour approfondir sa pensée en l’exprimant. Puis le moment venu nous avons « construit un arbre commun » et l’idée de modifier le regard du nouvel entrepreneur sur sa démarche commerciale a émergé, elle devait avoir du sens en établissant la confiance. Il fallait créer du lien avec le prospect et plus tard avec le client en utilisant les postures de la médiation *afin que la vente ne soit plus perçue par les deux parties comme une agression mais l’aboutissement d’une recherche de besoin et la satisfaction de ce dernier.
Vingt ans plus tard, le vice-président du conseil départemental de la Charente et son binôme chargés des politiques solidaires de l’emploi et de l’économie, m’ont proposé d’intervenir devant l’assemblée des développeurs des solidarités du département. Cette demande m’a surpris et valorisé. Surpris par l’humilité des demandeurs, étonné qu’une institution de cette importance fasse appel à la médiation pour apporter un souffle nouveau sur « comment permettre à des structures sociales de produire en commun des idées neuves pour une meilleure insertion ? » Valorisé car cette demande me prouvait que ceux qui la formulaient partageaient ma vision du concept de la médiation bien au-delà de la résolution des conflits.
Aujourd’hui je fais un parallèle entre les deux situations évoquées ci-dessus. Les problématiques se ressemblent : comment produire de l’intelligence collective génératrice de créativité ? img_0012-1

Lors de mon intervention au conseil départemental j’avais à ma droite une chaise vide et devant elle, face au public, un chevalet vierge… je restais silencieux durant deux minutes cherchant les regards curieux ou étonnés dans  » l’hémicycle « . Après ce moment blanc, je retournais le chevalet vierge dont l’autre face portait le mot  » silence « . Je m’adressais au personnage virtuel assis sur la chaise et le remerciais pour son intervention judicieuse, lui annonçant que je ferais souvent référence à lui dans mes propos à suivre. Je ne sais pas si neuf mois plus tard les participants se souviennent encore de mon interruption volontaire du son… mais je souhaite qu’ ils utilisent, sans modération lors de leurs réunions de travail,cet outil de  » construction massive  » : « LE SILENCE », pour résoudre collectivement un problème.
Pourquoi faire silence en réunion ? Parce qu’il devient un besoin… dans des échanges où chacun pratique l’écoute Pure** la nécessité du silence s’impose. Comment se traduit cette écoute spécifique? Quand l’autre me parle je ne prépare pas ma réponse… je ne cherche pas à savoir si je suis d’accord ou pas … là n’est pas le sujet. Il s’agit pour chacun d’entrer dans la vérité de l’autre et, pour se faire, de chercher à retenir les mots qu’il a employés ou des phrases pour les lui reformuler avec précision, au mot pour mot, afin de le questionner et qu’il puisse les approfondir et éventuellement se les expliquer à lui-même. Voilà l’utilité du silence. Il est vital pour prolonger l’écoute pure. Il valorise celui qui s’est exprimé car ses propos sont pris en compte, la reformulation fidèle en est la preuve. Un avis, une réponse immédiate prouvent trop souvent que ce qui vient d’être dit n’est pas considéré comme important puisque immédiatement remplacé par ce qui a été pensé lors d’une écoute parasitée par une réflexion personnelle souvent jugeante. Cette attitude de non écoute est extrêmement fréquente et génère le gâchis des nombreuses réflexions individuelles non exploitées. A contrario si chacun prend en compte et approfondit la pensée de l’autre sa propre réflexion en sera enrichie voire modifiée. Ce processus répété génèrera chez chacun des nuances, des modifications contribuant à l’émergence d’idées neuves et pour le groupe l’étonnement de la CRÉATIVITÉ… chacun pouvant dire : je n’aurais pas eu cette idée si j’avais réfléchi seul …

.
*postures Médiation  » commerciale  » : écoute pure – silence – reformulation avec regard et voix bienveillante – questions ouvertes neutres …

X** l’écoute pure selon Peter Fenner docteur en philosophie du bouddhisme .

 

DU HASARD A L’AUTO-LOUANGE

11/05/2016

Kasala 2Le hasard a-t-il du sens ?

En juillet 2013 une demande surprenante me fut faite : animer des tables rondes sur le thème « enseigner autrement, innover maintenant « … J’allai dans l’inconnu en répondant positivement. À cette occasion je rencontrai Antonella VERDIANI chercheuse en sciences de l’éducation. Echange éblouissant et riche, incitation pressante à lire :

« SOUVIENS-TOI DE TA NOBLESSE »

« La pratique de l’auto-louange ou l’accouchement du coeur  » de Marie MILIS.

En avril 2016 j’intervins pour la 3ème fois auprès du réseau d’entreprises « CHARTRES INITIATIVES  » avec pour objet : « La conduite EN réunion ».

Parmi mes outils, afin que les managers soient innovants et créatifs « EN » réunion, je proposai une incitation à la pratique de l’auto-louange, respectant les conseils de Marie MILIS :

 » Pour cela exagérez. Si vous êtes courageux ne soyez pas seulement brave mais soyez le tigre des montagnes. Amplifiez les images. Osez et amusez-vous. Goûtez à cette liberté. Ne mentez pas… restez en contact avec vous-même et grossissez les traits qui vous décrivent avec justesse. « 

« Prononcer notre auto-louange déprogramme les scénarii « patho-gènes » qui nous engluent. La réalité lumineuse de la vie devient tangible »

Comment, en préparant le contenu de cette formation, l’idée puis le besoin de faire mon auto-louange me sont-ils apparus ?

En premier lieu, je savais que les participants étaient là dans un esprit d’humilité et d’écoute pour être meilleurs, meilleurs entre eux et avec leurs collaborateurs, dans une démarche de coopération*.

En second j’étais en confiance car je les sentais dans le non jugement et l’humour … Je pus me lâcher leur donnant envie de pratiquer leur propre auto-louange pour ensuite la rendre accessible à leurs collaborateurs.

Et si l’objectif de l’auto-louange dans la conduite EN réunion permettait à chacun, après avoir écouté l’autre, de se dire : « j’ai beaucoup de chance de le connaître et de collaborer avec lui  » ?

Alors, le hasard a-t-il du sens ? Est-il sensé ? Peut- être… et si c’était en suivant ce hasard dans l’inconnu des « tables rondes », que j’allais me trouver moi-même, dépoussiérant ma noblesse et pratiquant mon auto-louange ?

Mon auto-louange :

Je suis un « entrepreneur/challenger ».

Je suis celui qui ose et s’oppose,
Je suis celui qui se nourrit du doute,
Je suis celui qui a changé sa vie à 50 ans passés,
Je suis celui qui a créé son métier sans en faire un apostolat,
Je suis celui qui a entendu le « grand maître « ** de la médiation sans se laisser dominer,
Je suis la main tendue, l’accompagnant de jeunes en détresse,
Je suis le papillon qui aspire, s’imprègne et se nourrit des silences
Je suis celui qui ouvre des portes après avoir poussé celles de plusieurs ministères
Je suis celui que l’on cite dans le livre d’or du CMAP***… car …
Je suis celui qui reçoit les mots tels un cadeau.
Je suis celui que l’on sollicite en toutes circonstances
Je suis le vent venu souffler des idées pour la création du lien
Je suis aussi celui que l’on écoute et qui entend : « quand je pars de chez vous, j’ai envie de faire… »
À plusieurs reprises je suis venu à « Chartres initiatives » et j’ai bien l’intention d’y revenir.
Oui, je suis l’incontournable le plus doué du monde !
Je suis le miroir reflétant le champ des possibles pour celles et ceux qui me font confiance.


* Le management de l’intelligence collective… Qu’est-ce que coopérer ? Olivier ZARA .

** Jean-François SIX (historien philosophe fondateur IFM-Institut de formation à la Médiation de Paris).
*** Centre de Médiation et d’Arbitrage de Paris.

http://www.chartres-initiatives.com
réseau d’entreprises

VERS UNE CIVILISATION DE L’EMPATHIE ET DE LA MÉDIATION.

06/03/2016

513-HUC-oeL._SX299_BO1,204,203,200_Il est des rencontres humaines ou livresques qui nous transforment … Ainsi la lecture du livre de Jeremy RIFKIN  « Une nouvelle conscience pour un monde en crise vers une civilisation de l’empathie » m’a interpellé profondément sur la nature initiale de l’être humain et m’a redonné espoir dans notre avenir commun. Lisez plutôt ceci :  » se pourrait-il que les humains ne soient pas mauvais par essence, ni intrinsèquement égoïstes et matérialistes,mais soient d’une nature très différente – empathique – et que toutes les autres pulsions que nous avons crues primaires – agression, violence, égoïsme, soif – d’acquérir – soient en réalité secondaires, dues à la répression ou au déni de notre instinct le plus fondamental ?  » Dés les premières pages l’auteur nous donne le ton de sa démonstration le NOËL 1914 en Flandre. Les troupes allemandes et françaises sont face à face à quelques centaines de mètres lorsqu’ils sortent sans arme de leur tranchées et en chantant, se dirigent les uns vers les autres pour s’étreindre. Il suffit de nous demander pourquoi leur action nous fait chaud au coeur : parce qu’ils ont choisi d’être humains. Et la qualité humaine centrale qu’ils ont exprimée, c’est l’empathie.

Empathie ! Le mot est lâché, quel sens lui donne J. RIFKIN au point d’en faire une civilisation… ce n’est pas seulement se mettre á la place de l’autre mais d’ abord ressentir la fragilité et la fugacité de l’existence d’un autre, c’est le soutenir pour qu’il s’épanouisse et vive pleinement son bref destin.

De même qu’André MALRAUX disait le 21siècle sera spirituel ou ne sera pas, le plagiant, je pense pouvoir dire le 21ème siècle sera médiation ou ne sera pas…

Se mettre seulement à la place de l’autre serait- ce que nous appelons communication?

Or communiquer c’est  » être » pour autrui … pour le regard de l’autre. L’empathie selon J.RIFKIN définit un niveau supérieur de la communication…

Empathie, communication et la Médiation où se situe-t-elle ?

La médiation se définit comme créatrice ou rénovatrice du lien. Elle demande une écoute pure, détachée de tous jugements . Le regard sur l’autre est bienveillant dans la mesure ou ce que l’autre dit est entendu comme une vérité , la sienne et ne doit pas être contestée mais prise en compte comme un « matériau » à partir duquel notre propre vérité devra se mêler pour en construire une troisième … J’oserai dire qu’une médiation réussie est celle où chacun à un moment ou un autre dit « peut-être » , porte d’accès vers la créativité et l’émergence d’une solution.

Et si la médiation était de la communication empathique ?

Sur la route d’EMMAÜS

09/11/2015

sdf

D’ aucuns partent sur les chemins de Compostelle, mon métier m’a mis sur la route d’Emmaüs. Autres compagnons, autres rencontres.

J’ai rencontré Xavier, la quarantaine révolue, grand, belle allure, décontracté, regard doux et bleu, pour une médiation dans son milieu professionnel.

Il vivait un conflit majeur avec sa collègue à la direction bicéphale de la communauté des compagnons d’Emmaüs. Je découvris cet ancien ingénieur aéronautique et me demandai pourquoi il avait décidé un aussi grand changement de vie. La réponse me vint grâce à ses approches non jugeantes, son humilité et sa volonté de créer du lien avec les autres.

La médiation connut des hauts et des bas. En découlèrent des échanges riches et parfois des vérités difficiles à entendre. Xavier sut (bien qu’en situation hiérarchique), accepter de sa subalterne des propos jugeants et agressifs. Il avait d’instinct intégré une des postures essentielles de la médiation : écouter l’autre dans ce qui est sa vérité, comportant parfois une part de mensonge (Mix subjectivité / mémoire / imagination). Cette expérience lui a permis, entre autres, de prendre conscience de l’impact qu’il pouvait avoir sur le fonctionnement d’un groupe et pourquoi les participants se ralliaient à son point de vue. Il comprit que sa forte personnalité, son esprit vif, son sens de la synthèse et sa créativité, pouvaient être un handicap ne lui permettant pas de faire émerger l’intelligence collective d’un groupe de réflexion. Est-ce cette prise de conscience de ce qu’il pouvait générer ou le   besoin d’un regard tiers sur son management, qui le conduisirent à me demander de l’accompagner dans un projet de création d’une direction collégiale ?

Il me confie alors que sa future équipe serait constituée de deux compagnons (dont un roumain qualifié de « pépite »), de la responsable du suivi social et administratif dans la communauté et de lui-même.

Pour y parvenir, nous avons mis en place des entretiens individuels et des rencontres collectives. L’objectif : travailler sur la RELATION entre les 3 dirigeants, comment créer du lien, écouter sans juger, permettre à l’équipe d’être créative puis transférer ces postures dans la collaboration avec les compagnons. À ce jour Xavier considère que l’équipe est soudée et, porté par ce constat, il est motivé pour que nous fassions éclore un esprit communautaire sur la COOPÉRATION * et une culture de L’EMPATHIE ** .

Sur la route d’EMMAÜS ma rencontre avec Xavier a été, et continue d’être, d’une extrême richesse car il incarne pour moi la philosophie d’une telle communauté qui est d’offrir un accueil inconditionnel pour une durée indéterminée à priori. Ces postures d’ouverture sont aux antipodes de nos pratiques sociales quotidiennes.

Faut-il rapprocher cet accompagnement plein d’humilité à l’égard des compagnons de celui évoqué par Maria MONTESSORI concernant les enfants ? « N’élevons pas nos enfants pour le monde d’aujourd’hui. Ce monde n’existera plus lorsqu’ils seront grands. Et rien ne nous permet de savoir quel monde sera le leur. Alors, apprenons-leur à s’adapter ».

Vivre avec les autres sans penser pour eux, sans même leur suggérer une quelconque orientation traduit un travail sur la relation et l’empathie.

Ce sera mon prochain challenge avec l’équipe de XAVIER.


* OLIVIER ZARA  « Management de l’intelligence collective« 

** JEREMY RIFKIN  « Une nouvelle conscience pour un monde en crise – vers une civilisation de l’empathie« 

Extrait du livre de Jacques ATTALI : « Devenir soi »

14/11/2014
Livre de Jacques ATTALI

Livre de Jacques ATTALI

Les comportements sont motivés par cinq besoins primaires dont le plus important est l’amour. Les personnes malheureuses sont celles qui ne parviennent pas à bâtir des relations affectives de longues durées avec d’autres. Ce manque affectif se traduit par la démence, la violence, ou encore les addictions. William GLASSER (Psychiatre Californien) propose sept attitudes pour nouer des liens durables avec autrui :

  • écouter,
  • accepter,
  • respecter,
  • faire confiance,
  • encourager,
  • soutenir,
  • et négocier.

La thérapie par le réel consiste à mettre en pratique ces sept attitudes.

Les motivés d’Avenir et… Maître Jacques !

10/11/2014

Huit jeunes d’une mission locale de Charente se sont réunis pour une formation en salle durant 4 jours, puis sur un groupe privé FACEBOOK durant 90 jours.

Ils se sont baptisés :  » LES MOTIVÉS DE L’EMPLOI « .

Thème de la formation :

 » LA PERSONNALITÉ, ATOUT MAJEUR DE L’ INTÉGRATION EN ENTREPRISE « .

Mon objectif de formateur ?

Leur faire prendre conscience que les 3 obstacles dans leur recherche d’emploi  (jeunesse, manque d’expérience et court CV) seraient surmontés grâce à la découverte et l’affirmation de leur personnalité.

Lors de l’ouverture de la formation la première question que je leur ai posée fut :

« Quel est votre rêve professionnel ? Pourquoi ne l’atteindriez- vous pas ? Tout est possible grâce à votre personnalité « .

Une réflexion collective et des exercices leur ont permis d’analyser la façon de communiquer.

– Comprendre les enjeux de l’apparence.

– La communication c’est : 60% de gestuelle, 30% d’ intonation et seulement 10% des mots.

Il faut savoir

– que 90% des messages affectueux sont non-verbaux *.

– évaluer la confiance en soi, sa capacité d’écoute, l’expression des sentiments, l’agressivité contrôlée, la communication générale. Découvrir la notion de quotient émotionnel « QE » (autre étalon de l’ intelligence). S’entraîner aux différents types    de questions (ouverte, fermée , orientée ou neutre ), à la reformulation avec les mots de l’autre, à la place du silence, à la recherche objective des faits … autant  d’exercices pouvant permettre une meilleure communication par l’affirmation de la personnalité de chacun, déterminante lors des entretiens d’embauche.

Revenons sur le rêve avec une citation de Mike Horn :  » On rêve trop souvent les yeux fermés, il faut plutôt rêver les yeux ouverts  » . Mais alors qu’est-ce qui nous empêche de réaliser nos rêves professionnels ? Quelque chose en nous a peur de ce que l’on veut… peur de ne pas nous sentir bien, peur de nous sentir trop bien, peur de ne pas être à la hauteur, peur d’être à la hauteur, etc.

Qu’en pense Maître Jacques ( ATTALI) dans son dernier livre  » DEVENIR SOI  » ?

« À ceux qui oseront penser que rien n’est écrit à l’avance, sauf le devoir d’être libre et heureux, de choisir sa vie. À condition de le vouloir vraiment, de prendre le temps d’y réfléchir, il est possible, où que l’on soit, qui que l’on soit, de faire le métier dont on rêve d’apprendre ce que l’on veut apprendre, de choisir librement son apparence, ses amours, sa sexualité, son lieu de vie, sa langue, de trouver et d’assumer qui on est vraiment. Et de refaire tous ces choix plusieurs fois au cours d’une vie, simultanément ou successivement. »

Ce billet – et la vidéo qui suit – sont pour vous, jeunes des Missions locales, des différents lycées, collèges et FAC où nous avons uni nos énergies pour vaincre vos doutes, gagner la confiance en vous, mesurer ce que vous étiez, ce que vous êtes devenus en faisant un pari confiant sur cette formation.

* « L’intelligence émotionnelle  » de Daniel Goleman

Lien pour la vidéo :

L’OUBLI DES BONNES NOUVELLES… DES AUTRES ET DE SOI…

28/03/2014

 

Autour de nous, cette même réflexion revient souvent : les informations me donnent le cafard et les journaux télévisés n’apportent chaque soir que des mauvaises nouvelles. Ce qui est vrai .
Il y aurait quelque chose de valorisant à montrer le pire? On témoignerait d’un surcroît de lucidité en soulignant les ombres plutôt que d’avantager la lumière? Seul paraîtrait sérieux celui qui égrène les mauvaises nouvelles…? Pourtant le réel a une autre dimension : Initiatives, victoires sur la fatalité,engagements têtus, progrès trop ignorés( performance individuelle), paix , réconciliations durables, prouesses de toutes sortes. D’innombrables bonnes nouvelles ne sont ( presque) jamais rapportées ni à fortiori mises en valeur…de plus en plus de gens se regroupent et par la solidarité font émerger des solutions là ou l’individu isolé n’en voyait aucune.
Comment alors s’étonner que des jeunes (en particulier de milieux défavorisés) tiennent des propos négatifs et ne voient leur avenir qu’en noir . M’adressant à eux je leur dis qu’ils ont en eux une part de leur réussite , un autre eux- même. Qu ‘ils disent :  » on est jeune, on n’a pas de CV et pas d’expérience, alors comment trouver un emploi autre que ceux que les autres dédaignent … »

 » LA FAÇON DONT NOUS VOYONS LE PROBLÈME EST LE PROBLÈME » telle est souvent ma réponse.

Si je parle de moi avec défaitisme , si je regarde mon passé négativement , comme les journalistes le présent, je me trompe, car la réalité du passé, comme du présent n’est pas noire ou blanche. Elle n’est pas binaire mais souvent d’un gris ternaire à teinter d’optimisme.

 » IL N’EST JAMAIS TROP TARD POUR AVOIR EU UNE ENFANCE HEUREUSE « .

Décider de voir que son enfance valait d’être vécue c’est poser les fondements de la confiance en soi. Si je parle de mon passé avec enthousiasme cela me guidera vers une pensée positive et un questionnement d’ouverture.
Sortir de la certitude de l’échec, supprimer de son vocabulaire le mot  » impossible », remplacer « oui mais » par  » oui et « c’est mieux vivre avec soi et les autres en partageant les bonnes nouvelles de soi et des autres .

 

« SOCRATE m’a trompé … »

01/02/2013

Depuis plus de 60 ans je vis avec moi-même … je dois avouer que j’ai de plus en plus de mal .Pourtant  SOCRATE et son  » connais- toi toi-même  » devraient m’aider et me rendre la cohabitation  plus confortable …( je vais m’expliquer , mais pas ce soir car il y a débat entre  » je  » et  » moi « …)

Il est vrai que Socrate ne m’a pas dit ce qu’il entendait par « connais-toi toi- même », il parait même qu’il n’a rien écrit… je me perds, qui suis-je ? Le « JE » vu par l’objectif d’un appareil lorsqu’il me prend en photo à mon insu ? Le « MOI » qui sourit et s’apprête devant le preneur de mon image « composée  » ? Le « JE » écrivant pour lui- même, sachant qu’il ne sera lu que par lui seul ou le « MOI » qui pense, en écrivant, à ceux qui le liront ?

Ce questionnement remonte à loin.  Lors de ma formation à la médiation, le psychanalyste intervenant Jacques DURANDEAUX  ( cf la page d’accueil de mon site), nous avait posé la question : « Que pouvez-vous dire de votre relation avec vos enfants ? » J’avais répondu spontanément que je n’avais jamais eu de problème avec mes enfants et sa réponse était tombée comme un couperet :  » Quand un père me dit qu’il n’a jamais eu de problème avec ses enfants … je commence à être inquiet « . J’ai, depuis, évoqué cet échange perturbant avec mes enfants et j’ai compris combien l’idée que j’avais de moi- même était éloignée de la leur. Je croyais me connaître…

Dans mon entourage et, au cours de mes entretiens de médiation, je suis interpellé de manière récurrente, par le fossé qui existe entre la connaissance de soi, la description que chacun en fait et notre façon d’être et d’agir…

Rêver ce que nous aimerions être suffit-il à gommer ce que nous sommes ? Comment se positionner ? Quelle est la fiabilité d’une relation lorsque nous déclarons que nous sommes à l’écoute de l’autre alors que nous ne savons parler que de nous-même ? Que nous sommes généreux et n’avons pas la spontanéité du geste guidé par le coeur ? Que nous ne sommes qu’amour et restons sur la réserve ? Que nous sommes pédagogues alors que nous ne cherchons pas à savoir si l’autre nous comprend ?

Quand nous parlons de “NOUS” s’agit- il du « JE  » (le vrai) ou du  » MOI » (celui que nous

voudrions être) ?

Chacun de nous aurait besoin d’un  » tiers « , celui de la Médiation pour faire dialoguer son JE et son MOI en les rapprochant, comblant peu à peu le fossé qui les sépare.

C’est peut-être ce que SOCRATE voulait faciliter  par sa maïeutique …

Aujourd’hui je ne suis plus en colère avec moi- même et je pense que SOCRATE ne m’a pas trompé …

Extrait de « L’HOMME-JOIE » de Christian Bobin

01/02/2013

« Nos pensées montent au ciel comme des fumées. Elles l’obscurcissent. Je n’ai rien fait aujourd’hui et je n’ai rien pensé. Le ciel est venu manger dans ma main. Maintenant c’est le soir mais je ne veux pas laisser filer ce jour sans vous en donner le plus beau. Vous voyez le monde. Vous le voyez comme moi. Ce n’est qu’un champ de bataille. Des cavaliers noirs partout. Un bruit d’épées au fond des âmes. Eh bien, ça n’a aucune importance. Je suis passé devant un étang. Il était couvert de lentilles d’eau – ça oui, c’était important. Nous massacrons toute la douceur de la vie et elle revient encore plus abondante. La guerre n’a rien d’énigmatique – mais l’oiseau que j’ai vu s’enfuir dans le sous-bois, volant entre les troncs serrés, m’a ébloui. J’essaie de vous dire une chose si petite que je crains de la blesser en la disant. Il y a des papillons dont on ne peut effleurer les ailes sans qu’elles cassent comme du verre. L’oiseau allait entre les arbres comme un serviteur glissant entre les colonnes d’un palais. Il ne faisait aucun bruit. Il était aussi simplement vêtu d’or qu’un poème. Voici, je me rapproche de ce que je voulais vous dire, de ce presque rien que j’ai vu aujourd’hui et qui a ouvert toutes les portes de la mort : il y a une vie qui ne s’arrête jamais. Elle est impossible à saisir. Elle fuit devant nous comme l’oiseau entre les piliers qui sont dans notre coeur. Nous ne sommes que rarement à la hauteur de cette vie. Elle ne s’en soucie pas. Elle ne cesse pas une seconde de combler de ses bienfaits les assassins que nous sommes. 

L’étang fleurissait sous le ciel et le ciel se coiffait devant l’étang. L’oiseau aux ailes prophétiques enflammait la forêt. Pendant quelques secondes j’ai réussi à être vivant. J’ai conscience que cette lettre peut vous sembler folle. Elle ne l’est pas. Ce sont plutôt nos volontés qui sont folles. Je veux ici parler simplement de ce qu’on appelle une « belle journée », un « ciel bleu ». Ces expressions désignent un mystère. Un couteau de lumière dont la lame fraîche nous ouvre le coeur. Nous sommes enfouis sous des milliers d’étoiles. Et parfois nous nous en apercevons, nous remuons la tête, oh juste quelques secondes. C’est ce que nous appelons du « beau temps ». ».

Maman me disait : « Ce que tu gardes pourrit , ce que tu donnes fleurit « .En ferez-vous de même avec ce texte ? 

 

 

Des cartes …et DESCARTES

13/01/2013

Je voulais rencontrer VINCENT…

Mais, il fallait décrocher un rendez-vous car Eliane (son assistante) veille sur son protégé… je n’ai pas donné de thème précis à ma demande mais pris le risque de dire que je faisais un pari confiant sur la relation :  Vincent ayant le savoir et l’expérience de la réflexion, moi, douze ans de pratique de la médiation et une (trop) longue expérience de vie… Que serions-nous capables de faire émerger de notre rencontre ?

L’accueil fut « cool ». Me sentant bien, écouté, je ne tardai pas à formuler l’une de mes principales préoccupations : le sentiment de solitude dans ma pratique de la médiation. Pour rester fidèle à l’enseignement de Jean-François SIX : non – jugement, écoute pure, non-pouvoir et surtout la pratique du “non-sachant”, il faut s’accrocher et se démarquer de la judiciarisation de la médiation. Qu’est devenue la médiation aujourd’hui ? Un outil  juridique au service des avocats ?

photo(1)Je venais voir VINCENT pour qu’il me rassure, me confirme que prôner l’écoute pure ou le non-jugement n’est pas une UTOPIE… puis, j’avais une autre question faisant suite à ma lecture du livret concernant son « JEU DU PHENIX » : que signifie pour lui  » le hasard sensé « ?

Sa réponse allait se présenter. Il s’arrêta et me dit :  » avant de poursuivre, je voudrais que tu choisisses 4 cartes dans ce jeux de tarot « … les cartes ont parlé et Vincent à traduit : tu devrais faire un séjour en Afrique noire où  tu trouverais l’incarnation de ton intense  besoin de « faire » avec les autres, tu connais la phrase de DESCARTES  » Je pense donc je suis  » … en Afrique noire tu entendras une autre version qui te conviendra  » Nous pensons donc nous sommes « . Tu n’es pas fait pour la prison de l’égo …

Quelques mois ont passé depuis cette rencontre et je me suis imprégné de son livre :

 » Mélangeons-nous . Enquête sur l’alchimie humaine  » …

« La mixité sociale ne peut être décrétée, imposée. Elle doit être acceptée par tous … »

« L’unique remède pour sortir de “l’inceste social”, de « l ‘ entre-soi » humainement dégénérant, consiste à favoriser des mélanges extra-communautaire, extra –classes, extra-confessionnels … « 

« L’inceste social est la recherche de la ressemblance, pour un échange quasi nul mais sécurisant; le mélange est la recherche de la différence, pour un échange maximal et enrichissant … »

Ayant présente à l’esprit l’énumération des exemples de « mélange », selon Vincent et une des définitions qu’il en donne, je me suis demandé si on ne pourrait pas considérer un certain mode « d’apprentissage » comme faisant partie de ces “mélanges” ?

J’échangeai récemment, sur ce sujet,  avec Bruno (l’un des commentateurs pertinents et  fidèles du présent blog). Il me fit part  de nos approches opposées de « l’apprentissage » . Pour lui, ce dernier se fait par un travail en solitaire et pour moi…  « dans la coopération » …

Si les différents types de « mélanges » cités par l’auteur me semblent difficilement accessibles car  trop idéalistes (voire utopiques),  « l’apprentissage  dans la coopération » me permet de poursuivre son énumération et ainsi, rendre plus concret – en ce qui me concerne – le sens de sa pensée.

Vous lecteur,  vous a-t-il été donné, par un  “hasard sensé”,  une brève rencontre éternelle, d’expérimenter une sorte d’évènement * à la suite duquel vous vivez ou avez vécu

« un MÉLANGE ».

Quel enseignement en avez-vous tiré ?